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SCoT : vers plus d'innovation ?

SCOT | 21 Octobre 2019

Letizia Delorme, directrice du syndicat mixte SCoT Pays Basque et Seignanx, plaide pour un SCoT ambitieux, anticipant sa future mise en oeuvre et surtout, adapté aux contextes spécifiques de chaque territoire. Elle argumente son propos par son expérience et les conclusions qu'elle en tire.

« Élaborer un SCoT c'est bien, le mettre en oeuvre c'est mieux. »



Quelles sont les difficultés rencontrées au quotidien dans la mise en œuvre et l’élaboration du SCoT ?


Depuis 2000, le code de l’urbanisme ne cesse de s’étoffer, et il fait porter énormément d’objectifs aux SCoT. Si ça peut être passionnant techniquement… politiquement, c’est insupportable ! D’autant que les moyens dont nous disposons ne sont pas à la hauteur des enjeux. Élaborer un SCoT c’est bien, le mettre en œuvre c’est mieux… Rétrospectivement, nous ne nous sommes pas assez préoccupés par cette mise en œuvre. Nous devons désormais faire évoluer nos méthodes et identifier le système d’acteurs qui contribuent à la mise en action du SCoT, dès son élaboration. Agir sur l’aménagement du territoire, c’est comprendre un écosystème complexe, où toutes les parties sont liées ; les acteurs privés, comme les acteurs publics, sans oublier les citoyens qui sont bien souvent les premiers porteurs de projets. Plus on met de la distance entre l’ambition et l’action, plus on prend le risque de ne jamais atteindre l’objectif.


Aujourd’hui le SCoT est structuré en 3 parties. Cette composition devrait-elle être revue selon vous ?


Le plus ennuyeux c’est le sens de lecture du document. En même temps, personne ne lit un SCoT. Nous devons nous autoriser à présenter les finalités et les objectifs des SCoT en mobilisant les outils actuels : les infographies, des versions interactives... Comment rendre compte d’un projet qui se veut systémique, où tout est lié ? Nous devons innover davantage.


Le contenu du SCoT est-il adapté ?


Il y a énormément de redondances entre les contenus d’un SRADDET, d’un SCoT et d’un PLU. Si le SCoT doit porter l’énoncé stratégique global du territoire, alors il faut soulager les PLU et autres documents cadres locaux sur cet aspect stratégique, en allégeant leurs PADD.
Je pense qu’il faut promouvoir un SCoT plus pragmatique et responsable, ce qui ne veut pas dire moins ambitieux. Le SCoT doit pouvoir n’exposer que 3 ou 4 grandes ambitions, dès lors qu’il précise bien comment y répondre, avec quels acteurs et dans quelles temporalités. Je plaide donc pour des contenus adaptés aux contextes spécifiques de chaque territoire.
Depuis 20 ans, les SCoT ont été les lieux privilégiés de la prospective territoriale et de la controverse. Ils gagneraient désormais à être des lieux d’expérimentation, sur le fond comme sur la forme. Car, le « meilleur SCoT » sera toujours celui que les élus auront envie de mettre en œuvre.

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